Nicolas Demorand
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Nicolas Demorand, né le 5 mai 1971 à Vancouver, est un journaliste et animateur audiovisuel français.
Depuis 2017, il coprésente Le 7/10, l'émission matinale de France Inter, avec Léa Salamé jusqu’en juin 2025 puis avec Benjamin Duhamel.
Contents
• Doublage
• Ouvrages
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Biographie
Famille et jeunesse
Nicolas Demorand est le fils de Jacques Demorand, consul à Anvers, diplomate, après avoir été l'ancien chef adjoint de cabinet du ministre des affaires étrangères Roland Dumascite-ref-1[1], et de Jacqueline Bouaniche, femme au foyer. Il est le frère cadet du critique gastronomique Sébastien Demorand (1969-2020)cite-ref-2[2] et de Catherine Demorand, artiste plasticiennecite-ref-fr-res-jusqu-au-bout-des-ondes-3-0[3].
Leur père, fils d'épiciers attachés à l'école républicaine, a également été chef de cabinet du ministre des Affaires étrangères Roland Dumas. Leur mère a grandi dans une famille pauvre d'ébénistes d'Algériecite-ref-inrockuptibles-4-0[4].
Il vit au Canada, aux États-Unis, au Japon, en Belgique et au Maroccite-ref-nicolas-demorand-entre-deux-ondes-5-0[5]cite-ref-fr-res-jusqu-au-bout-des-ondes-3-1[3]. Il suit ses études à Tokyo, Bruxelles, Rabat (lycée Descartes) et Sceaux (lycée Lakanal).
Lauréat du concours général de français et ancien élève de l'École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud (1992 L)cite-ref-6[6]cite-ref-nicolas-demorand-entre-deux-ondes-5-1[5], il est licencié en philosophie et agrégé de lettres modernescite-ref-fr-res-jusqu-au-bout-des-ondes-3-2[3]. Il a été, notamment, professeur en lycée professionnel à Cergy et en classe préparatoire aux grandes écoles.
1997-2006 : France Culture
Après avoir été chroniqueur gastronomique et pigiste aux Inrockuptibles, Nicolas Demorand entre à France Culture en 1997, et collabore à Staccato d'Antoine Spirecite-ref-7[7], puis de La Suite dans les idées de Sylvain Bourmeau avant de produire Cas d'écolecite-ref-bio-inter-8-0[8].
À partir de septembre 2002, il est le présentateur de la tranche matinale de la station, Les Matins de France Culture, poste qu'il occupera jusqu'en juin 2006 et son départ pour France Intercite-ref-bio-inter-8-1[8].
2006-2010 : France Inter et I-Télé
En août 2006, il rejoint France Inter alors dirigée par Frédéric Schlesinger et succède à Stéphane Paoli à la présentation de la tranche d'information matinalecite-ref-bio-inter-8-2[8]. Il présente le Sept neuf trente, devenue Le Sept dix en septembre 2007 puis Le Six trente dix en janvier 2010.
Pendant ce temps, à la télévision, de septembre 2008 à avril 2009, il anime la tranche 18 heures-20 heures sur la chaîne d'information en continu I-Télé, en duo avec Maya Lauquécite-ref-9[9]cite-ref-10[10].
Il anime ensuite sur France 5, entre septembre 2009 et février 2011, une émission de débat politique intitulée C politiquecite-ref-11[11]cite-ref-12[12], qui succède à Ripostes de Serge Moati.
Il arrête la matinale de France Inter en juin 2010cite-ref-13[13] dans un contexte de polémique autour du nouveau directeur de la station publique Philippe Val, et quitte finalement la station à la surprise généralecite-ref-philippe-val-surpris-que-demorand-quitte-france-inter-14-0[14]cite-ref-nicolas-demorand-rejoint-europe-1-15-0[15], après treize années passées à Radio France. Il sera remplacé par Patrick Cohencite-ref-nicolas-demorand-rejoint-europe-1-15-1[15].
2010-2011 : bref passage à Europe 1
À partir de la rentrée médiatique 2010, Nicolas Demorand prend les commandes de la tranche 18 h - 20 h sur Europe 1cite-ref-philippe-val-surpris-que-demorand-quitte-france-inter-14-1[14]cite-ref-nicolas-demorand-rejoint-europe-1-15-2[15]. Dans cette nouvelle plage horaire sur cette station, il conserve une interview en direct avec un invité. Néanmoins, il quitte Europe 1 le 18 février 2011 alors que ses audiences sont jugées décevantes, en laissant son siège à Nicolas Poincaré pour rejoindre Libérationcite-ref-16[16].
2011-2014 : Libération , RTL, Canal+
À compter du 1er mars 2011, il succède à Laurent Joffrin à la codirection du journal Libération aux côtés de Nathalie Collin, coprésidente du quotidien depuis 2009. Il est approuvé par les salariés avec 118 voix pour et 90 contre, soit 56,7 % contre 43,3 % sachant qu'il lui en fallait au moins 34 %cite-ref-17[17]cite-ref-fig2014-18-0[18].
Une de ses premières décisions est de mettre fin à quatre déclinaisons locales, les « Libévilles » de Lille, Strasbourg, Rennes et Orléanscite-ref-19[19].
Soutenu par les actionnaires, il sera rapidement contesté en internecite-ref-fig2014-18-1[18].
Dès juin 2011, le personnel de Libération vote une motion de défiance à 78 % en lui reprochant son « isolement », son absence et son managementcite-ref-20[20].
En avril 2012, la Société civile du personnel de Libération dénonce une « ligne éditoriale racoleuse, attitude autocrate de leur chef » et une « greffe [qui] n'a pas pris »cite-ref-21[21].
La rédaction lui reproche de cumuler la direction de la rédaction et la présidence du directoire, fonction qu'il abandonne le 19 juin 2013 au profit de Fabrice Rousselot. Les journalistes lui reprochent également les « unes racoleuses », comme « Casse-toi riche con ! » adressée le 10 septembre 2012 à Bernard Arnault, puis celle du 8 avril 2013, « Une possible affaire Fabius », relayant une rumeur à propos d’un compte en Suisse de Laurent Fabius, démentie quelques jours plus tardcite-ref-fig2014-18-2[18]cite-ref-22[22].
Financièrement, après un bond de 9,5 % sur un an grâce à la campagne présidentielle de 2012, les ventes chutent de 15 % en deux ans, notamment la vente au numéro qui s'effondre de près de 30 %cite-ref-fig2014-18-3[18]. Le plan d'économie de trois à quatre millions d'euros proposé par Nicolas Demorand à la demande des actionnaires du journal, comprenant la révision des accords sociaux des journalistes, est accueilli à 89,9 % par une motion de défiance le 27 novembre 2013cite-ref-fig2014-18-4[18]cite-ref-23[23].
Le 6 février 2014, les salariés lancent une grève de 24 heures et demandent pour la troisième fois le départ de Nicolas Demorand, et du coprésident du directoire Philippe Nicolas. Ils s'opposent le lendemain à la publication d'un texte en soutien au projet des actionnaires de diversifier l'entreprise en s'appuyant sur sa marque et y répondent le 8 février par une une déclarant : « Nous sommes un journal. Pas un restaurant, pas un réseau social, pas un espace culturel, pas un plateau télé, pas un bar, pas un incubateur de start-upcite-ref-fig2014-18-5[18]. »
Durant son mandat à Libération, il poursuit ses participations dans divers médias : chroniqueur sur RTL dans l'émission On refait le monde et la matinale à la rentrée 2011cite-ref-25[25], puis dans l'émission Le Supplément sur Canal+ à la rentrée 2012cite-ref-26[26].
Depuis 2014 : France Inter et France 3
Il est de retour sur France Inter à la rentrée 2014, alors même que la direction de la radio publique vient de changer, et que Frédéric Schlesinger, son ancien directeur à France Inter, est désormais directeur délégué aux antennes et aux programmes de Radio France.
Tous les soirs de 18 h 15 à 19 heures il anime Un jour dans le mondecite-ref-27[27], un magazine d'actualité internationale rappelant Et pourtant elle tourne, émission que présentait à la même heure entre 2006 et 2010 Jean-Marc Four, désormais directeur de la rédaction de la station.
Durant l'été 2015, il présente Homo Numéricus le dimanche entre 13 h 20 et 14 heures, émission consacrée au monde numériquecite-ref-28[28].
À la rentrée 2015, à la suite des bonnes audiences de son émission et au départ d'Hélène Jouan pour la revue de presse, il présente toute la tranche 18 heures-20 heures du lundi au jeudi avec Mickaël Thébault en reprenant également la présentation du mythique Le téléphone sonnecite-ref-29[29].
À la rentrée 2016, il présente l'émission politique Agora à la place de Stéphane Paoli, tous les dimanches de 12 heures à 14 heurescite-ref-30[30]. D'autre part, à la rentrée 2016, il présente aussi un magazine culturel, Drôle d'endroit pour une rencontre sur France 3, le vendredicite-ref-31[31].
À la rentrée de septembre 2017, il reprend Le 7/9 devenu Le 7/9.30 en 2022 puis Le 7/10 en 2023 avec Léa Salamé, à la suite du départ de Patrick Cohencite-ref-32[32]. Les Inrockuptibles lui consacrent à cette occasion leur une, sous le titre « Morning Star » en faisant le « portrait d'un intello geek, stakhanoviste du micro et grand bâtisseur d'audience »cite-ref-33[33].
Le 28 août 2018, le ministre de l'Écologie Nicolas Hulot annonce sa démission du gouvernement en direct sur le plateau de la matinale qu'il présentecite-ref-34[34]. Lui et sa co-présentatrice, Léa Salamé, sont critiqués pour avoir diffusé une vidéo d'auto-congratulations sur le site web de France Inter quelques minutes après l'annonce de la démissioncite-ref-35[35].
Membre de jury
Nicolas Demorand est membre permanent du jury du prix des prix littéraires depuis 2011cite-ref-36[36].
Doublage
Critiques
Le film documentaire français Les Nouveaux Chiens de garde sorti en 2012, le cite parmi la « poignée de journalistes interchangeables, qui sont chez eux partout »cite-ref-37[37].
Distinction
Le 18 novembre 2009, Nicolas Demorand reçoit le prix Philippe-Caloni du meilleur intervieweurcite-ref-38[38].
Vie privée
Il a vécu avec Louise Tourret, journaliste de France Culture, avec qui il a eu deux enfants nés en 2007 et 2009cite-ref-39[39].
En mars 2025, Demorand révèle être bipolaire et avoir été diagnostiqué huit ans auparavant, ce qu'il évoque dans un livre Intérieur nuitcite-ref-40[40], qui récolte un très bon accueil critique et un succès en librairiecite-ref-41[41]cite-ref-42[42]cite-ref-43[43]cite-ref-44[44]cite-ref-45[45]cite-ref-46[46]cite-ref-47[47].
Ouvrages
• 1998Premières leçons sur le roman d'apprentissage, Presses universitaires de France, 1er novembre 1998, 128 p. (ISBN 978-2130472353).
• 2025Intérieur nuit, Les Arènes, 27 mars 2025, 104 p. (ISBN 979-1037514233).
Notes et références
cite-note-11. ↑ Les petits extras du Quai d'Orsay. Quatre fonctionnaires ont comparu mercredi devant la Cour des comptes., Libération, 7 novembre 1997
cite-note-fr-res-jusqu-au-bout-des-ondes-33. 2010« Frères jusqu'au bout des ondes », sur Le Parisien, 29 août 2010
cite-note-inrockuptibles-44. ↑ Les Inrockuptibles, 13 septembre 2017, p. 14, « Morning Star » par Anne Laffeter.
cite-note-nicolas-demorand-entre-deux-ondes-55. gurrey2008b-atrice-gurrey2008Béatrice Gurrey, « Nicolas Demorand entre deux ondes », sur Le Monde, 20 octobre 2008
cite-note-66. ↑ « Alumni ENS de Lyon - La communauté des anciens des ENS de Lyon, LSH, Fontenay-aux-Roses et Saint-Cloud », sur Alumni ENS de Lyon (consulté le 27 avril 2024)
cite-note-77. ↑ « Un Demorand peut-il en chasser un autre ? », sur Acrimed (consulté le 30 novembre 2020).
cite-note-bio-inter-88. « Portrait de Nicolas Demorand », sur France Inter (consulté le 13 août 2015).
cite-note-philippe-val-surpris-que-demorand-quitte-france-inter-1414. 2010« Philippe Val, «surpris» que Demorand quitte France Inter », sur Libération, 7 juillet 2010.
cite-note-nicolas-demorand-rejoint-europe-1-1515. engu-rand2010renaud-engu-rand2010Renaud Enguérand, « Nicolas Demorand rejoint Europe 1 », sur Le Figaro, 7 juillet 2010.
cite-note-1616. ↑ 2011« Demorand part à Libération, remplacé par Poincaré », sur Challenges, 26 janvier 2011.
cite-note-1717. ↑ 2011« Nicolas Demorand élu directeur de la rédaction de Libération », sur Libération, 7 février 2011.
cite-note-fig2014-1818. de-mareschal2014edouard-de-mareschal2014Edouard de Mareschal, « Les trois ans sous haute tension de Demorand à Libération », sur Le Figaro, 13 février 2014.
cite-note-1919. ↑ 2011« Communiqué de la direction de Libération », sur libelille.fr, 30 avril 2011.
cite-note-2828. ↑ dejean2015mathieu-dejean2015Mathieu Dejean, « Nicolas Demorand : "Je reste fasciné par la puissance d’internet" », sur Les Inrocks, 26 juillet 2015.
cite-note-3030. ↑ Benoît Daragon, « France Inter : Nicolas Demorand récupère l'émission politique dominicale de Stéphane Paoli » sur PureMédias, 3 juin 2016
cite-note-3131. ↑ Benoît Daragon, « France 3 : Nicolas Demorand en alternance avec Marc-Olivier Fogiel le vendredi » sur PureMédias, 7 juin 2016
cite-note-3333. ↑ Ibid., p. 13 et suiv.
cite-note-3434. ↑ 2018« Nicolas Hulot : "Je prends la décision de quitter le gouvernement" », France Inter, 28 août 2018 (lire en ligne, consulté le 17 octobre 2018).
cite-note-3535. ↑ 2018« «Allô la Terre» : Léa Salamé et Nicolas Demorand appelés à la raison après leur interview de Nicolas Hulot », tvmag.lefigaro.fr, 28 août 2018 (lire en ligne, consulté le 17 octobre 2018).
cite-note-3636. ↑ « Nicolas Demorand », sur Ozap (consulté le 30 décembre 2024)
cite-note-4040. ↑ parisien2025le-parisien2025Le Parisien avec AFP, « "Je suis un malade mental" : Nicolas Demorand parle pour la première fois de sa bipolarité », sur Le Parisien, 26 mars 2025
cite-note-4141. ↑ dassonvillede-royer2025aude-dassonvillesolenn-de-royer2025Aude Dassonville et Solenn de Royer, « L’apprentissage de la fragilité », sur Le Monde, 29 mars 2025 (consulté le 8 août 2025)
cite-note-4242. ↑ honnet2025tiphaine-honnet2025Tiphaine Honnet, « « Je me suis dit : je vais me foutre en l’air » : la bipolarité racontée de l’intérieur par Nicolas Demorand », sur Madame Figaro, 2 mai 2025 (consulté le 8 août 2025)
cite-note-4343. ↑ georges2025marie-anne-georges2025Marie-Anne Georges, « Le parcours du combattant de Nicolas Demorand avant qu’il soit diagnostiqué bipolaire », sur La Libre Belgique, 5 juin 2025 (consulté le 8 août 2025)
cite-note-4444. ↑ beigbeder2025fr-d-ric-beigbeder2025Frédéric Beigbeder, « Un livre de malade », Le Figaro Magazine, 11 avril 2025 (consulté le 8 août 2025), p. 95
cite-note-4545. ↑ jurgensen2025genevi-ve-jurgensen2025Geneviève Jurgensen, « Le malade mental est une personne », La Croix, 7 avril 2025 (consulté le 8 août 2025), p. 24 : Geneviève Jurgensen décrit Intérieur nuit comme un « beau récit » et une « invitation à découvrir le monde d’un homme bipolaire », soulignant qu’il illustre une évolution du lien entre soignant et patient vers une « coopération d’égal à égal entre sachants », susceptible de « révolutionner la psychiatrie »
cite-note-4646. ↑ simon2025julia-simon2025Julia Simon, « Nicolas Demorand : « Je suis un malade mental » (Intérieur nuit) », sur Diacritik, 31 mars 2025 (consulté le 8 août 2025) : pour Julie Simon, Intérieur nuit est un « texte courageux, partant de soi pour aller vers les autres », qui « refuse les atténuations » et « fait évoluer nos regards sur les maladies mentales ». Le livre est salué pour sa « lucidité décapante », sa « sincérité bouleversante » et son usage de l’écriture comme « arme d’exposition massive »
cite-note-4747. ↑ mary2025jean-christophe-mary2025Jean-Christophe Mary, « Intérieur nuit, Nicolas Demorand : la vie avec la bipolarité sans tabou ! », sur Toute La Culture, 21 mai 2025 (consulté le 8 août 2025) : un récit « concis, intense, d’une rare honnêteté », qui se distingue « par sa rigueur et sa densité » et « ne cherche pas à faire littérature mais à dire vrai »
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